Délégationde Lille

Le luxe, c’est le temps !

Temps de relecture pour des bénévoles d’Hazebrouck

Il y a peu, nous étions 12 à nous rencontrer autour d’un texte (livret de carême du Secours Catholique) tiré de l’encyclique de Benoît XVI, Caritas in veritate : le don et la gratuité, l’économie au service du bien commun.

Nous avons, tout d’abord, bien pris conscience que dans notre société, la relation marchande s’oppose à la gratuité. Mais nous avons compris, tout de suite, que le terme « gratuité » utilisé par Benoît XVI pouvait être remplacé par celui d’« équité ».

Le luxe, c'est le temps !

C’est dans cette absence d’équité que reposent tous les maux de notre société.

René nous dit de nouveau que dans cet extrait, Benoît XVI nous redéfinit le but de l’économie ainsi : développer l’activité doit viser la recherche du bien commun, que la communauté politique doit prendre en charge. L’Église affirme que l’on a besoin de l’économie, mais pas comme quelque chose d’« antisocial ».

Et là, la question de la place de l’homme se pose à nous… dans les délocalisations, malgré les bilans financiers plus que positifs, parfois ! [...]

Chacun de nous a pu échanger autour de son ancien travail. Ainsi, dans le domaine de la santé : « Maintenant, le temps d’une injection est contrôlé, où est le dialogue avec le malade ? ». Ce temps accordé à l’autre, c’est toute sa reconnaissance.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de formations pour être plus performant ! Oui, mais tout ce temps accordé à certaines formations diminue le travail au contact des personnes, par exemple pour les assistantes sociales.

Dans certaines entreprises, on essaie d’évaluer le taux de satisfaction, le bien-être du salarié, mais ce n’est pas pour lui-même, c’est pour qu’il produise plus. La valeur humaine n’est plus la valeur principale véhiculée.

On se rend bien compte que l’individualisme, ou plutôt la vie privée, a pris le pas sur le collectif. Ce qui paraissait à un moment être de l’indifférence est en fait un renfermement dû à la privatisation de tout : sa vie, ses loisirs, ses problèmes. On ne sait même plus si lorsque nous sommes témoins d’attitudes d’incivilité dans la rue, on doit intervenir. Dans le monde rural on se barricade, on s’isole par des haies, on ne se parle plus.

Et en Église, les mêmes problèmes se posent : la foi se privatise, les différentes communautés ont du mal à communiquer. Nous affirmons que le respect de l’autre est la prémisse de la gestion du bien commun, dénoncer certains abus fait partie de notre mission de bénévoles. Comme citoyens, nous devons vérifier le rôle du politique, avec qui nous devons être en dialogue mais aussi rester vigilants, par la « dénonciation prophétique » des mécanismes d’exclusion, dit Benoît XVI. [...]

Dans la proximité, nous avons à redire aux personnes qu’elles sont capables d’accomplir des choses, et pour cela ne pas les juger et les aider à reprendre leur vie en main. Nous avons aussi à faire mieux connaître notre action.

Alors, la vérité, quelle est-elle ? Ce n’est pas quelque chose qui s’impose à nous comme une évidence, mais un dialogue permanent.

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