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Dans un bureau, un récépissé de demande de titre de séjour enregistrée est remise au demandeur
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© SÉBASTIEN LE CLÉZIO / SECOURS
Contenu national
Thème
Migrants
Commune
Hazebrouck

À Hazebrouck - L’histoire d’un homme

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Eric, bénévole donnant des cours de Français Langue Étrangère (F.L.E.) au Secours Catholique d’Hazebrouck, accompagne des personnes étrangères depuis de cinq années.

Dans un premier temps, il était sur un lieu d'accueil et d'hébergement temporaire de migrants de passage, qui profitaient d'un accueil et d'un lieu pour prendre une douche.

C’est à ce moment là qu’il a commencé à donner des cours de F.L.E. à des groupes, afin d’apporter aux personnes les moyens de communiquer en Français, et faciliter leur insertion. 

C’est dans le cadre d’un de ces accompagnements individuels qu’il a rencontré Daviti, arrivé de Géorgie il y a trois ans. Il parlait Géorgien et un peu Russe, mais ne maîtrisait quasiment pas le français (ni l’anglais) : « Bonjour. », « Ça va ? », « A bientôt. » et surtout « Merci ! » étaient les seuls mots qu’il maîtrisait spontanément. C’est la raison pour laquelle il avait franchi en septembre 2021 la porte du Secours Catholique d’Hazebrouck :  pour prendre des cours de F.L.E.

Eric a souhaité aujourd’hui partager son expérience et son indignation.

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Une rencontre, une histoire 
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Accueilli dans un foyer à Hazebrouck , Daviti décide de pousser la porte du Secours Catholique pour prendre des cours de français. Eric se rappelle de la force de sa volonté : « Semaine après semaine, Daviti s’était efforcé d’apprendre les rudiments de notre langue, recopiant scrupuleusement les mots nouveaux et les structures de phrases nouvelles dans son cahier d’écolier […] Daviti mettait un point d’honneur à arriver toujours pile à l’heure de son cours, quitte à faire quelques instants les cent pas dans la rue d' Hondeghem pour pouvoir sonner exactement à 15h30 ».

« …Quand Daviti avait quelque chose d’important à dire il essayait de mobiliser ses maigres ressources en français ou de parler très lentement… en géorgien ce qui nous obligeait à utiliser de temps en temps « Google Traduction » en direct, avec les aléas que l’on imagine... Ainsi avait-il fini par m’expliquer un jour, qu’il était venu en France pour se faire soigner d’une maladie qu’il n’aurait pas pu soigner chez lui, parce qu’il n’en avait pas les moyens dans un système médical essentiellement privé….. »

Pourtant, malgré un dossier médical bien étayé, Daviti n’avait pas réussi à obtenir un titre de séjour, et avait reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français (O.Q.T.F.). Suite à un contrôle aléatoire fin avril 2022, il a été envoyé au centre de rétention provisoire de Lesquin tandis que son O.Q.T.F. lui était de nouveau signifiée, avec confiscation de son passeport et la contrainte de se présenter au commissariat de façon régulière. 

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Un accès au séjour impossible, la fin d’un combat
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Malgré sa grave maladie, Daviti s’est vu refusé un titre de séjour pour soins, les conditions d’obtention étant de plus en plus sévère. Seulement, rentrer en Géorgie aurait signifié baisser les bras face à la maladie et ne plus avoir aucun espoir. 

Lorsqu’il était revenu au Secours Catholique, après son séjour en centre de rétention, Daviti n’était plus le même : il était désespéré et ne savait plus quoi faire. Il n’arrêtait pas de répéter « Je suis mort ! ». 

C’est à partir de ce moment-là que son état de santé s’est rapidement dégradé. Il a dû consulter un médecin à la mi-mai en urgence, mais malgré les valeurs très négatives de ses analyses, il a été renvoyé « chez lui », au Foyer. Puis il est finalement retourné à l’hôpital, mais trop tard, puisque nous avons appris qu’il y était décédé le vendredi 27 juin 2022. 

Avait-il cessé de se battre contre sa maladie ?

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Pour un traitement digne et respectueux des personnes étrangères
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Lorsque l’on vit des épreuves dans la vie, il est important de pouvoir se sentir épaulé. Daviti venait se confier auprès des bénévoles du Secours Catholique pour y trouver une oreille attentive, il était pris en considération. 

Il se battait sur deux fronts, celui de la maladie et celui du droit à rester en France, et y vivre dignement sans se cacher. 

Depuis de nombreuses années, les gouvernements successifs n’ont cessé de chercher à restreindre les possibilités d’accès au séjour des personnes étrangères et complexifier les démarches d’accès aux droits.

 

Le Secours Catholique plaide pour un accès inconditionnel à des conditions de vie dignes garantissant le respect et la dignité de tous. De plus, il est essentiel de prendre en considération les vulnérabilités de chacun et d’assurer en conséquence un traitement humain dans l’examen des situations. 

 

Accueillir et écouter les récits des personnes venant en France pour diverses raisons permet d’élargir nos horizons et nos façons de penser.

Nous pouvons tous être concernés un jour.

Alors, continuons à construire ensemble une société plus juste et solidaire.

 

Si vous aussi vous souhaitez nous faire part d’un témoignage ou rejoindre une de nos équipes pour participer à ce combat,

contactez-nous !